Capture d'écran 2025-12-05 152239

QPC : Exécution provisoire des peines complémentaires et alternatives de l’article 471 al. 4 du code de procédure pénale

Conseil Constitutionnel, décision n° 2025-1175 QPC du 5 décembre 2025

Le Conseil constitutionnel précise les contours du 𝐜𝐨𝐧𝐭𝐫𝐨̂𝐥𝐞 𝐝𝐞 𝐩𝐫𝐨𝐩𝐨𝐫𝐭𝐢𝐨𝐧𝐧𝐚𝐥𝐢𝐭𝐞́  que le juge pénal doit exercer sur l’atteinte que l’exécution provisoire des peines complémentaires ou alternatives est susceptible de porter à un droit ou une liberté que la Constitution garantit.

Dans le prolongement de sa précédente décision du 28 mars 2025 qui portait sur l’exécution provisoire de la peine complémentaire d’inéligibilité d’un conseiller municipal, le Conseil constitutionnel, par le biais d’une réserve d’interprétation de l’article 471 alinéa 4, pose deux exigences majeures :
– 𝐔𝐧 𝐯𝐞́𝐫𝐢𝐭𝐚𝐛𝐥𝐞 𝐝𝐞́𝐛𝐚𝐭 𝐜𝐨𝐧𝐭𝐫𝐚𝐝𝐢𝐜𝐭𝐨𝐢𝐫𝐞 doit avoir lieu devant le juge pénal
– 𝐋𝐞 𝐣𝐮𝐠𝐞 𝐝𝐨𝐢𝐭 𝐦𝐨𝐭𝐢𝐯𝐞𝐫 𝐬𝐩𝐞́𝐜𝐢𝐚𝐥𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐬𝐚 𝐝𝐞́𝐜𝐢𝐬𝐢𝐨𝐧 sur ce point.

Il indique qu’ « 𝘪𝑙 𝑟𝘦𝑣𝘪𝑒𝘯𝑡 𝑎𝘶 𝘫𝑢𝘨𝑒 𝑑’𝑎𝘱𝑝𝘳𝑒́𝘤𝑖𝘦𝑟, 𝘦𝑛 𝑚𝘰𝑡𝘪𝑣𝘢𝑛𝘵 𝘴𝑝𝘦́𝑐𝘪𝑎𝘭𝑒𝘮𝑒𝘯𝑡 𝑠𝘢 𝘥𝑒́𝘤𝑖𝘴𝑖𝘰𝑛 𝑠𝘶𝑟 𝑐𝘦 𝘱𝑜𝘪𝑛𝘵, 𝑙𝘦 𝘤𝑎𝘳𝑎𝘤𝑡𝘦̀𝑟𝘦 𝘱𝑟𝘰𝑝𝘰𝑟𝘵𝑖𝘰𝑛𝘯𝑒́ 𝑑𝘦 𝘭’𝘢𝑡𝘵𝑒𝘪𝑛𝘵𝑒 𝑞𝘶𝑒 𝑙’𝑒𝘹𝑒́𝘤𝑢𝘵𝑖𝘰𝑛 𝑝𝘳𝑜𝘷𝑖𝘴𝑜𝘪𝑟𝘦 𝘥𝑒 𝑙𝘢 𝘴𝑎𝘯𝑐𝘵𝑖𝘰𝑛 𝑒𝘴𝑡 𝑠𝘶𝑠𝘤𝑒𝘱𝑡𝘪𝑏𝘭𝑒 𝑑𝘦 𝘱𝑜𝘳𝑡𝘦𝑟 𝑎̀ 𝑢𝘯 𝘥𝑟𝘰𝑖𝘵 𝘰𝑢 𝑢𝘯𝑒 𝑙𝘪𝑏𝘦𝑟𝘵𝑒́ 𝑞𝘶𝑒 𝑙𝘢 𝘊𝑜𝘯𝑠𝘵𝑖𝘵𝑢𝘵𝑖𝘰𝑛 𝑔𝘢𝑟𝘢𝑛𝘵𝑖𝘵. 𝐷𝘢𝑛𝘴 𝘤𝑒 𝑐𝘢𝑑𝘳𝑒, 𝘪𝑙 𝑠𝘦 𝘥𝑒́𝘵𝑒𝘳𝑚𝘪𝑛𝘦 𝘢𝑢 𝑟𝘦𝑔𝘢𝑟𝘥 𝘥𝑒𝘴 𝘦́𝑙𝘦́𝑚𝘦𝑛𝘵𝑠 𝑐𝘰𝑛𝘵𝑟𝘢𝑑𝘪𝑐𝘵𝑜𝘪𝑟𝘦𝑚𝘦𝑛𝘵 𝘥𝑖𝘴𝑐𝘶𝑡𝘦́𝑠 𝑑𝘦𝑣𝘢𝑛𝘵 𝘭𝑢𝘪, 𝑦 𝑐𝘰𝑚𝘱𝑟𝘪𝑠 𝑎̀ 𝑠𝘰𝑛 𝑖𝘯𝑖𝘵𝑖𝘢𝑡𝘪𝑣𝘦, 𝑎𝘧𝑖𝘯 𝘥𝑒 𝑡𝘦𝑛𝘪𝑟 𝑐𝘰𝑚𝘱𝑡𝘦 𝘥𝑒𝘴 𝘤𝑖𝘳𝑐𝘰𝑛𝘴𝑡𝘢𝑛𝘤𝑒𝘴 𝘥𝑒 𝑙’𝑖𝘯𝑓𝘳𝑎𝘤𝑡𝘪𝑜𝘯, 𝑑𝘦 𝘭𝑎 𝑝𝘦𝑟𝘴𝑜𝘯𝑛𝘢𝑙𝘪𝑡𝘦́ 𝘥𝑒 𝑠𝘰𝑛 𝑎𝘶𝑡𝘦𝑢𝘳 𝘦𝑡 𝑑𝘦 𝘴𝑎 𝑠𝘪𝑡𝘶𝑎𝘵𝑖𝘰𝑛 𝑚𝘢𝑡𝘦́𝑟𝘪𝑒𝘭𝑙𝘦, 𝑓𝘢𝑚𝘪𝑙𝘪𝑎𝘭𝑒 𝑒𝘵 𝘴𝑜𝘤𝑖𝘢𝑙𝘦 ».

NB: Le Conseil constitutionnel précise que cette réserve ne s’applique qu’aux affaires dont la juge pénal est saisi postérieurement à la date de publication de sa décision.